 Yvan & Alex, deux super cuisto !
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Yvan Bessonnier, maître-artisan de France, cuisinier depuis 20 ans, bistrotier à Paris, organisateur et gérant du catering le temps du Défistival en tant que bénévole. Installé sous une grande tente dans les coulisses du village associatif, son travail a consisté à préparer, mijoter et assurer le service des repas pour le personnel, artistes, techniciens et bénévoles. Rencontre avec un chef en art culinaire, qui a le goût des autres. Comment avez-vous connu le Défistival ?
« Mon lien avec le Défistival, c'est fait grâce à l'ami Ryadh Sallem que je connaissais depuis 5 ans. Le fréquenter m'a aidé à comprendre le handicap. C'est lui qui m'a poussé à relever ce défi de m'engager pour la gestion du catering sur le site. Avec Alex, on a dit tout de suite en avant derrière le Défistival, qui a pris une nouvelle dimension encore cette année. Ainsi, j'ai voulu apporter, avec mon ami Alex, mon grain de sel pour faire à manger pour les bénévoles et les artistes participants à cet événement. Nous avons pu servir près de 1600 repas sur les 2 jours contre les 1000 prévus initialement. »
Pourquoi vous êtes-vous engagé sur ce projet ?
« C'est la 1 re fois que je me suis impliqué dans l'associatif à travers ce projet. Mon regard a changé au contact des personnes handicapées. C'est un soulagement pour moi de venir ici. La première année, cela a été une révélation pour moi. J'ai eu la sensation d'avoir un cœur léger depuis que j'ai découvert ce monde différent où les gens sont heureux de vivre, d'échanger des numéros de téléphone et de s'accepter les uns les autres dans leurs différences et leurs faiblesses. L'entraide et la joie de vivre caractérisent l'esprit de ce projet et c'est pourquoi j'ai voulu en être. Avec Alex, nous travaillons 18 heures par jour, car nous avons 2 restaurants que nous gérons à Paris. Cet après-midi, je me suis arrêté 30 minutes pour me griller une cigarette et parler avec des participants et je me suis senti tellement fier au point de pleurer, je l'avoue. Cette année, nous avons voulu nous dépasser pour offrir un repas équilibré et raffiné, même si nous avons servis à la hâte et sans toute notre logistique. On a cherché à mettre toute notre énergie, sinon notre sensibilité. »
Quel est votre type de cuisine, votre petite spécialité, quand vous mettez la main à la pâte ?
« Ma cuisine est inspirée par les épices que je ramène de mes voyages. Une cuisine française du sud-ouest avec une touche d'exotisme et de saveurs méditerranéennes, africaines… c'est un peu le melting pot du Défistival en nourriture ! D'ailleurs, le dessert fut une grande pièce montée tout en chocolat et qui représentait un fauteuil roulant à croquer, c'est tout un symbole çà ! »
Votre participation à cet événement vous fait-il voir la vie différemment ?
« Aujourd'hui, je me sens vraiment bien dans ma vie personnelle et dans ma conscience, du fait de tendre la main. C'est gratifiant de recevoir une rétribution morale en contrepartie de donner de son temps, de son savoir-faire ou de son humanité. Grâce à ma présence ici et maintenant, j'ai appris à poser mon regard sur l'essentiel et je n'hésite plus à partager. Par exemple, je donne à manger aux blessés de la vie comme les SDF quand j'en vois autour de moi. Je suis devenu meilleur que je n'ai été avant de connaître le milieu du handicap. D'ailleurs, je me dis que si l'on gratte un peu tout le monde peut être handicapé et, moi, je l'ai été en étant égoïste et indifférent à l'image de la société parfois cruelle dans laquelle nous vivons. »
Que retiendrez-vous de cette aventure humaine ?
« La rencontre des autres ! J'ai voulu innover dans l'organisation du service, ce goût pour le mélange des saveurs m'a donné envie de faire vivre la diversité et faire participer les bénévoles handicapés pour servir les gens. Comme les personnes en chaises roulantes qui peuvent avoir besoin d'aide, j'ai voulu les associer pour me donner un coup de main et ils me l'ont si bien rendu. Ils ont su s'intégrer dans le service et donner leur aide. Ils ont été admirables de générosité. C'est une vraie expérience que je ne suis pas prêt d'oublier au point d'envisager de faire travailler des commis en situation de handicap dans mon bistrot à Paris, c'est vous dire quel beau souvenir je garde de cette double journée. Ces personnes qui ont un gros cœur comme çà m'ont donné beaucoup plus qu'on pourrait le croire. J'ai été émerveillé, éblouis et moi qui aime les feux d'artifices, j'en ai un dans le cœur ce soir. »
Quel est votre mot de la fin ?
« Cette aventure m'a filé une telle dawa que j'ai envie de remettre çà l'année prochaine ! »
Bon plan :
Bistrot Vivienne
4 Rue des Petits Champs
75002 Paris
Tél. (Réservation d'une table) : 01 49 27 00 50
Rédigé par M. Kékouche
Crédit photo : MK
Autres articles :
>>Lire l'interview de Ryadh Sallem, président du Défistival
>> Lire les témoignages des défistivaliers ayant participé à l'édition 2007
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